VI.  CONCLUSION GENERALE

 

Dix-sept ans après l’implantation du Bureau Provincial de Coordination SIDA, la GTZ / Santé vient de lui donner un appui institutionnel qui met à sa disposition un outil de travail qui facilitera son travail en matière de planification, de suivi, de supervision et d’évaluation des activités de lutte contre le SIDA dans la province.

 

Secondairement, ce rapport pourrait être utilisé comme document de plaidoyer auprès des leaders et décideurs de tout genre, auprès des bailleurs de fonds et partenaires d’appui de toute nature.

 

Ce rapport s’est efforcé de répondre à la question fondamentale «qui fait quoi et où ?» dans le domaine de la lutte contre le SIDA au Sud-Kivu 

 

Notre descente sur le terrain à Bukavu et à Uvira a permis d’identifier : 73 intervenants de Bukavu, d’Uvira, de Nundu et de Fizi. Nous nous étions directement entretenus avec eux (y compris le BPC/SIDA), excepté trois pour des raisons d’inaccessibilité  (SERASCOMIR, UCSIPA et Association Femmes vivant Seules UJUHUDI de Bagira).

 

Chaque entretien durait en moyenne 2 heures. Un petit calcul révélerait que tous les entretiens nous avaient pris au moins 142 heures (ce qui ferait au moins 18 journées de travail). A Uvira, nous avons eu à recevoir les ONGs locales jusqu’à des heures tardives.

 

De ces 73 intervenants identifiés, quatre n’avaient pas d’activités sur le terrain au moment de la collecte des données. Nous avons préféré les inclure dans l’analyse qualitative mais les exclure de l’analyse quantitative. Ce qui fait que nos données statistiques portent sur 69 organisations dont 49 de Bukavu et 20 à Uvira (cité d’Uvira, Nundu et Fizi). Parmi eux 12 sont des agences UN et ONGs internationales (10 de Bukavu et 2 d’Uvira) et 57 (39 de Bukavu et 18 d’Uvira) sont des ONGs locales.

 

Les paramètres analysés dans le rapport sont en rapport avec : la nature de l’intervenant, sa localisation, son (ses) groupe(s) cible(s), le(s) domaine(s) d’intervention, l’étendue de ses activités, la date d’implication dans la lutte et la spécialisation ou non dans le domaine du SIDA

 

Pour ce qui des groupes cibles, nous avons constaté que 21 Organisations ont comme cibles les PVV, 10 les professionnelles de sexe, 5 les Hommes en uniforme, 5 les professions mobiles, 33 les jeunes, 5 les prisonniers, 20 les orphelins du SIDA, 23 la population générale, 1 les usagers de drogues, 6 les enfants de la rue, 10 les femmes enceintes, 13 femmes violées.  

 

Des cibles telles que : les Déplacés, les Réfugiés, les Homosexuels, Travailleurs des mines et Personnes vivant avec handicap ne sont pas particulièrement touchées.

 

En ce qui concerne les domaines couverts par les différents intervenants : la structure gouvernementale (le BPC) s’occupe de la Coordination et de la Gestion du Programme au niveau de la province, 57 intervenants sont dans la Mobilisation Sociale (Sensibilisation), 13 dans la prévention et la PEC des IST, 4 dans la surveillance épidémiologique, 4 dans les Plantes Médicinales et la promotion de la Médecine Traditionnelle, 22 dans la PEC psychosociale, 7 dans la PTME , 9 dans PEC des IO, 8 dans la sécurité transfusionnelle, 18 dans le CDV, 5 dans la PEC aux ARV, 6 dans le Labo et 10 dans la logistique.

 

En rapport avec la spécialisation dans le domaine du SIDA pour les ONGs locales, 39 sur les 57 ONGs locales de Bukavu et d’Uvira sont considérées comme des institutions spécialisées du fait qu’elles ont la lutte contre le SIDA comme l’unique activité ou comme activité principale.

 

Pour Bukavu, il s’agit des ONGs locales suivantes : FFP, FSH (Projet SIDA), REDS, CAPPF, FORSE, EDOSI, MCS, MDS, OCF, ASISAV, APROSSAN, FEDOBESA, ASF, CREOPSI, ALCIS, CREOPSI, HALT-SIDA, CREM, CLUB PHENIX, AMIDOSA, TUMAINI, SOS SIDA (siège à Kabare, bureau de liaison à Bukavu), ADVENTISTE (Projet SIDA), CELPA (Projet SIDA), CODILUSI, R. SIDA DEVELOPPEMENT, ASOVIS, FVSU Bagira, CBCA (Projet PEZ) et SWAA (nouvellement implantée à Bukavu).

 

Pour Uvira, il s’agit de : SV, OCS, CALCOCI, ASIVIC, ADOSESU, MDS Uvira (antenne locale), FORSE Uvira (antenne locale), FFP Uvira (antenne locale), FFP Fizi (antenne Baraka).

 

Au-delà de la division institutions spécialisées/institutions non spécialisées, le caractère multisectoriel de la lutte contre le VIH/SIDA exige l’implication de ONGs oeuvrant dans le développement communautaire. Ces dernières peuvent recourir au PNLS et aux animateurs de FOSI pour les aider à intégrer la dimension SIDA dans leurs interventions.

 

S’agissant du déploiement des intervenants locaux de Bukavu à travers la province, la situation se présente comme suit : 

 

5 intervenants locaux sont déployés à Bunyakiri ( FFP, OCF, FEDOBESA, CODILUSI et CELPA à OCF), 1 à Fizi (FFP), 7 à Idjwi (FFP, PRODES, OCF, FEDOBESA, AMIDOSA, CODILUSI, PMV), 11 à Kabare (FFP, CAPPF, EDOSI, ASISAV, FEDOBESA, ASF, ALCIS, AMIDOSA, SOS SIDA, CODILUSI, PMV, SWAA), 12 à Katana (FFP, FORSE, EDOSI, MDS, ASISAV, APROSSAN, ASF, ALCIS, AMIDOSA, CODILUSI, PMV, SWAA), 7 à Kaziba (FFP, FORSE, BVES,CREM, CELPA, CODILUSI , PMV), 4 à Lemera (FFP, MDS, ALCIS, FEDOBESA), 5 à Mwenga (FFP, FEDOBESA, CELPA à Kamituga, SWAA), 6 à Nyangezi (FFP, CASDI à Mumosho, ASISAV, ALCIS, AMIDOSA, CODILUSI), 2 à Shabunda (ADVENTISTES, SWAA), 9 à Uvira (FFP, FORSE, MDS, OCF, FEDOBESA, ALCIS, CODILUSI, SWAA), 13 à Walungu (FFP, REDS, CAPPF,FORSE, CASDI, MDS, FEDOBESA, AMIDOSA, CODILUSI, ASOVIS, PMV, SERASCOMIR, SWAA)

 

Au sujet du déploiement des agences de coopération, UN et ONGI basées à Bukavu dans les ZS rurales, les données recueillies présentent la situation suivante :

 

Un intervenant à Idjwi (UNICEF), 1 intervenant à Kabare (IRC), 3 intervenants à Katana (CEMUBAC, UNICEF, IRC), 2 intervenants à Kaziba, (MALTESER et GTZ Santé), 1 intervenant à Mwenga (IRC), 2 intervenants à Nyangezi (MALTESER, UNICEF), 1 intervenant à Shabunda (UNICEF), 1 intervenant à Uvira (UNICEF), 1 intervenant à Walungu (MALTESER)

 

D’après les informations recueillies, ce sont surtout les ONGs/associations basées à Bukavu qui ont ouvert d’antennes dans les ZS rurales. Apparemment, les ONGs locales les plus présentes à l’intérieur de la province par ordre de représentativité sont : la FFP, le CODILUSI, la FEDOBESA, l’AMIDOSA, MDS et OCF.

 

En tenant compte de la date de naissance ou d’implication dans la lutte, la plupart des intervenants locaux rencontrés à Bukavu et à Uvira (33 sur 57 soit 58%) se sont engagés dans le combat contre le VIH/SIDA entre 1999 et 2003 Ce qui traduit leur jeunesse et parfois leur immaturité dans la lutte.

 

Les confessions religieuses (catholique, protestante, adventiste, anglicane, kimbanguiste, etc.) ont des programmes SIDA dans la province mais des divergences philosophiques et idéologiques subsistent eux, particulièrement en ce qui concerne le préservatif et le test VIH.

 

Les ONGs/Associations qui oeuvrent dans la prise en charge des PVV (CODILUSI, MSF/H, FFP, MDS, CELPA, CEBCA, etc.) ont instauré en leur sein des cadres de concertation et d’échange entre PVV mais jusqu’à présent il n’existe pas d’associations de PVV à proprement parler.

 

Quant à la réaction psychologique plusieurs fois enregistrée lors de la collecte de données, la plupart des anciens intervenants de Bukavu (APROSSAN, BVES, OCF, CAPPF, PRODES, FORSE, CASDI, MDS, etc.) se sont dits découragés (démotivés) du fait d’avoir longtemps travaillé sans appui.

 

A notre avis, ce sont les animateurs de ces ONGs-là qui sont censés avoir plus d’expérience de terrain et susceptibles de contribuer au renforcement des capacités de jeunes associations.