V.2. LA RÉPONSE GOUVERNEMENTALE À L’ÉPIDÉMIE DU VIH
V.2.7. Le processus gestionnaire
V.3.1. LES ACTIVITÉS DE SUPERVISION
V.3.3. ACTIVITÉS DE SENSIBILISATION
V.3.4. ACTIVITÉS DU LABORATOIRE BPC/SIDA
V.3.5. ACTIVITES DE SECURITE TRANSFUSIONNELLE
V.3.6. ACTIVITES DES PARTENAIRES DANS LA LUTTE CONTRE LE
SIDA
V.3.7. L’ORGANISATION DE LA CAMPAGNE MONDIALE SIDA
V.3.9. FONCTIONNEMENT DES COMITES MULTISECTORIELS
Dans les pages précédentes,
nous avons présenté les différents intervenants (locaux et internationaux) dans
le domaine du SIDA et leurs activités. Pour un fonctionnement harmonieux du
programme, ces activités doivent être coordonnées quelque part. Ce rôle revient
à l’Etat à travers le Programme National de Lutte contre le SIDA et les IST,
«PNLS» en sigle, sous la tutelle du Ministre ayant la Santé Publique dans ses
attributions.
Dans chaque province, il
existe un comité consultatif multisectoriel et pluridisciplinaire qui a pour
rôle de définir les grandes orientations et de prendre les décisions concernant
le PNLS dans l’entité. Il s’agit du Comité Provincial de Lutte contre le
SIDA (CPLS) qui a pour mission d’adapter à son contexte propre les
orientations et décisions prises au niveau central.
L’exécution du
PNLS se fait à travers des programmes, plans et projets de différents secteurs,
à savoir : le secteur public, le secteur privé et le secteur communautaire
sous la coordination des structures permanentes.
Au niveau provincial, la
structure permanente de coordination devant servir d’appui technique, de
référence et de secrétariat au Comité Provincial de Lutte contre le SIDA (CPLS)
est le Bureau Provincial de Coordination (BPC/SIDA).
En fait, le Gouverneur de
province est le président du CPLS, le Médecin Inspecteur Provincial en est le
Vice-président et Médecin Coordonnateur du BPC est le Secrétaire permanent du
CPLS.
Il importe de
signaler dans cette présentation que le niveau opérationnel retenu pour la
lutte contre le SIDA est la Zone de Santé, comprise comme un espace
géographique multisectoriel de collaboration de tous les partenaires.
Au niveau de la Zone de
Santé (niveau local) fonctionnera un comité consultatif multisectoriel et
pluridisciplinaire : le Comité Local de Lutte contre le SIDA, «CLLC»
en sigle.
La structure permanente de
coordination qui doit servir d’appui technique, de référence et de secrétariat
au CLLS est le Bureau Central de la Zone de Santé (BCZS). En fait,
l’Administrateur de Territoire sera le Président du CLLS, le Médecin-Chef de Zone de Santé le Vice-président du CLLS et
le Point Focal SIDA au niveau du BCZS tiendra le Secrétaire du Comité.
Pour avoir une
information de première main sur la coordination des activités SIDA au
Sud-Kivu, nous nous étions spécialement rendu au Bureau Provincial du PNLS à Labotte (Ibanda / Bukavu) où nous avions été reçu par le
Médecin Coordinateur Provincial le Dr Jean-Paul BISIMWA, aux côtés de qui se
trouvait son Chargé d’IEC Mr Eugide BASHOMBANA (voir questionnaire de collecte
des données auprès du Bureau Provincial du PNLS/BPC-SIDA en annexe).
Le BPC/SIDA a été créé en
1986. Faute de moyens et de Médecin Coordonnateur (MC) pour la mise en œuvre du
programme dans la province, le Bureau ne sera vraiment opérationnel qu’en 1987.
Cette date est marquée par l’affectation d’un Médecin Coordinateur. Il sera
entouré d’un Administrateur Gestionnaire, d’un Secrétaire Administratif et d’un
Chargé d’IEC. Le personnel d’exécution sera composé d’un dactylographe, d’un
huissier et d’un chauffeur et d’une sentinelle.
Depuis son existence, le
BPC Sud-Kivu a connu trois Médecins Coordonnateurs : le Dr MUKUNDA
(1987-1990), le Dr BYAMUNGU (actuel Médecin Coordinateur Provincial Lèpre-Tuberculose, 1990-1992) et le Dr Jean-Paul BISIMWA
(1993 jusqu’à ce jour).
Actuellement,
le MCP/BPC/SIDA est assisté d’un chargé d’IEC et de l’administration (Mr Eugide
BASHOMBANA), d’une chargée de la Communication pour un Changement de
Comportement / Volet socio-psychologique (Liliane
MUBOLWA), d’un Laborantin (basé au Labo du BPC à la Clinique, Mr Martin
BICICI), d’une informaticienne (Madame Neema
KWIRHEBA, en congé lors de notre visite), d’un réceptionniste et d’une
sentinelle Le BPC/SIDA emploie aussi un chauffeur ;est en congé technique
faute de véhicule.
La réponse
gouvernementale à l’épidémie du VIH est multisectorielle et repose sur les
principes suivants (régissant l’organisation du PNLS) que doivent respecter
tous les partenaires : la coordination, la décentralisation,
l’intégration, le partenariat, la multisectorialité,
l’appropriation de la lutte et le processus gestionnaire.
C’est un processus
dynamique de réaction face à l’épidémie du VIH/SIDA. Elle devrait permettre
d’améliorer la réponse d’ensemble en évitant aussi bien des lacunes que des chevauchements
et en créant des passerelles entre les interventions des acteurs dans les
différents secteurs. Grâce à la coordination, aucune action ne doit être menée
de façon isolée. Toutes les interventions doivent s’inscrire dans un plan
stratégique national concerté autour d’objectifs communs.
La décentralisation est le
transfert d’autorité et de responsabilité d’un niveau à l’autre ou dans la
planification, la mise en œuvre, l’évaluation des activités.
La décentralisation
implique la responsabilité des communautés de base, des structures des Soins de
Santé Primaires (SSP) et autres partenaires des secteurs public, privé,
communautaire et de coopération internationale dans la prise de décision et la
mise en œuvre des activités de lutte sous la coordination des Zones de santé,
en laissant aux structures intermédiaires (provinces, districts) un rôle
d’appui stratégique et normatif.
La Zone de Santé reste
l’espace géographique où doit se réaliser la décentralisation.
L’intégration est la
combinaison dans un ensemble cohérent et de façon convergente, des activités et
moyens, en vue d’améliorer l’efficacité Cette dernière pouvant être mesurée par
des indicateurs d’accessibilité et de continuité des soins et des services.
Par l’intégration le volet
VIH/SIDA/IST est introduit dans les activités courantes de tous les
partenaires. L’intégration évite la création de nouvelles structures ou de
programmes verticaux et met à contribution les structures existantes.
Le partenariat est le
mécanisme par lequel les interventions de tous ceux qui sont impliqués dans la
réalisation d’un objectif commun sont orientées de manière à produire les
effets synergiques attendus.
Elle suppose que les
différentes activités doivent tenir compte des aspects des différents secteurs.
Partenariat et multisectorialité sont des principes
liés étant donné que le SIDA reste un problème de société affectant autant les
secteurs public, communautaire que privé.
Tous les secteurs doivent
s’impliquer et collaborer en partageant les responsabilités et les ressources,
en développant des plans sectoriels de lutte en l’occurrence au sein de
l’enseignement, de l’armée, des entreprises, des communautés religieuses, des
ONGs/OACs, des services de santé, des médias tout en respectant les principes
de coordination et d’intégration à tous les niveaux.
L’appropriation est un
mécanisme par lequel, en renforçant les capacités du bénéficiaire ou de
l’acteur concerné, on rend apte à continuer par lui-même et de façon durable
l’action entreprise.
L’appropriation de la lutte
par la population et le décideur politique est facteur important et capital
pour la pérennisation de la lutte.
On devra arriver à un
niveau où les différentes personnes impliquées dans la lutte considèrent leurs,
les différentes stratégies et activités de lutte.
C’est un processus
managérial par lequel il est pris en compte les éléments de planification,
d’organisation, d’exécution (suivi, évaluation et supervision) et de contrôle
de son action.
Les activités du BPC/SIDA
peuvent se résumer en trois substantifs : suivi, supervision et
évaluation. En bref, le BPC coordonner les activités des partenaires dans le
domaine de la lutte contre les IST et VIH/SIDA au niveau de la province
Pour l’année 2001, le BPC a
eu à superviser les activités SIDA dans huit zones de santé sur les quatorze
que compte la province du Sud-Kivu. Des efforts ont été fournis pour atteindre
le Territoire de Shabunda malgré la distance de plus de 380 km
qui le sépare de Bukavu. Cela est dû à son accessibilité par avion et à sa
qualité de zone de convergence pour l’UNICEF. En effet, les activités de
supervision du BPC pour 2001 avaient bénéficié de l’appui de l’UNICEF et du
CODILUSI/BDOM.
Pour l’année 2002, le BPC a
été dans 10 ZS sur les 14. Les ZS non couvertes sont : Bunyakiri, Fizi,
Nundu et Shabunda Les activités de supervision de cette année-là avaient
bénéficié de l’appui du BDOM /CODILUSI.
De ces supervisions, le
Médecin Coordonnateur du BPC SIDA a relevé ce qui suit :
- la présence d’un superviseur formé en matière de VIH/SIDA
dans les ZS visitées ;
- le manque de moyens de lutte pour les ONGs/OACs ;
- l’appui du BPC aux ZS en préservatifs, en réactifs et en
intrants de sécurité transfusionnelle ;
- l’implication du BCZS dans le programme.
En 2002, le BPC a organisé
plusieurs séminaires de recyclage en matière de lutte contre le SIDA. Les
domaines couverts par ces séminaires sont : la PTME, l’alimentation des
bébés et le Plan Intégré de Communication (PIC). En plus, le BPC a eu à
organiser deux séminaires de formation des formateurs sur la prise en charge
des IO/IST et deux séminaires des prestataires sur les mêmes sujets.
Au cours de l’année 2003,
le MCP/BPC-SIDA (Dr JP BISIMWA) et le Chargé d’IEC (Mr Eugide BASHOMBANA) ont
eu à intervenir comme formateurs dans la quasi-totalité des formations
organisées par les partenaires : HALT-SIDA (formations de pairs
éducateurs), CREM (formation des militaires du Camp Saïo), FFP (formation en
CDV), REDS (formation des prisonniers et du personnel pénitenciers), BCZS Uvira
(PEC des IST et des femmes violées), BCZS Kaziba (CDV et PTME), etc.
La plupart des sessions de
formations organisées en 2003 par les partenaires locaux du BPC ont bénéficié
de financement de la GTZ Santé pour Bukavu, de l’ONG française AMI pour Uvira.
Lors de
notre entretien avec le MCP/BPC/SIDA et son Chargé d’IEC, ils nous avaient
communiqué la liste provisoire des personnes retenues comme formateurs par le
Bureau Provincial du PNLS dans la province. [1]
Dans le domaine de la
sensibilisation, au cours de l’année 2002, le BPC avait eu à sensibiliser 15
Femmes Vivant Seules de l’axe MUHANZI et 60 femmes de Bagira. Le message
portait sur les IST/VIH/SIDA (mode de contamination et de prévention,
l’utilisation correcte du préservatif et le dépistage volontaire du VIH). Comme
résultat de la sensibilisation continue, les Femmes Vivant Seules (FVS) ont
accepté de passer volontairement le test VIH et de se faire dépister des IST.
En matière de
sensibilisation toujours, des séances d’animation se sont tenues avec les
jeunes, particulièrement sur l’Avenue Industrielle (entité administrative de la
commune d’Ibanda mais géographiquement proche de la commune de Kadutu) et à
Karhale (Kadutu) où 450 jeunes avaient reçu le message de prévention des
IST/VIH/SIDA.
Pour notre part, tout en
encourageant les activités de sensibilisation à tous les niveaux, nous estimons
que le suivi, la supervision, l’évaluation doivent demeurer la priorité du
PNLS. L’exécution du programme doit en priorité revenir aux partenaires.
D’après les informations
recueillies auprès de l’ONG locale FORSE et de l’ONG Internationale MSF/H, ces
deux partenaires du PNLS sont présents sur le terrain respectivement à MUHANZI
(marché Muhanzi) et à BAGIRA (auprès des FVS).
Dans le cadre
de prévention, de dépistage et de prise en charge des IST/VIH/SIDA, le BPC
dispose d’un Laboratoire situé à la Clinique médicale de Bukavu. Il s’occupe
essentiellement de la PEC des donneurs bénévoles de sang de la FEDOBESA et des
Femmes Vivant Seules. Pour ces dernières, il assure régulièrement des
prélèvements de sang pour le suivi de leur état sérologique.
Pour les 30 personnes (dont
10 hommes et 20 femmes) testées pendant une période de 3 mois au cours de
l’année 2002, neuf d’entre elles (3 hommes et 6 femmes) s’étaient révélées
séropositive.
Le Comité
technique de suivi a été installé en date du 21 septembre par MIP/Sud-Kivu à
l’issue de la formation sur la sécurité transfusionnelle animée par une équipe
du Centre National de Transfusion Sanguine venue de Kinshasa.
Par la suite
la distribution des intrants de la sécurité transfusionnelle s’effectuera dans
les 14 ZS au profit de institutions sanitaires identifiées, excepté la ZS de
Nundu qui n’avait pas été servi pour non fonctionnalité.
Les institutions sanitaires
servies ont, dans l’ensemble, réalisé 5065 transfusions sanguines avec du sang
fidélisé. Les services de pédiatrie ont bénéficié de 3635 transfusions soit 71%
de sang total transfusé. Il y eu 2181 dons bénévoles de sang et 3220 dons
familiaux. 147 dons de sang ont été positifs pour le VIH, 5 tests positifs pour
la syphilis.[2]
Le partenariat réunit tous
les acteurs impliqués dans la lutte contre le VIH/SIDA/IST : les ONGs
locales regroupées au sein des Plates-formes PLALUSI et LIJELUSI, les ONGs
indépendantes et les Organisations internationales (secteur communautaire), les
entreprises (secteur privé), les Services de l’Etat et les BCZS (secteur
public) Le BPC/SIDA a la charge de coordonner les activités SIDA de tous ces
partenaires.
En contrepartie, tous les
partenaires doivent rendre disponibles les données (à travers leurs rapports et
au cours des visites de supervision) sur leurs activités au BPC. Ce dernier a
le devoir de donner un feedback sur les documents à caractère technique qu’il
reçoit des partenaires. C’est là toute une administration à mettre en place, à
équiper, à dynamiser et à motiver.
Une analyse sommaire du
rapport 2002 du BPC /SIDA indique que les donnés disponibles pour cette
année-là sont relatives aux structures suivantes : MSF/Hollande, ASF,
EDOSI, CARECO (Carrefour des Enfants du Congo), l’Association GRENIER (de
Kamanyola), HALT-SIDA, Club Anti-SIDA de Kalehe, CAPPF, ASISAV, PRODES, OCS
(Uvira), Projet SIDA 5è CELPA, PMV, et CREM.
Pour les Zones de
Santé , les données disponibles concernent : Lemera, Shabunda et Bunyakiri.
Pour les hôpitaux, les
données sont ceux : de l’ HGR de Bukavu et de l’HGR d’Uvira,
Le rapport de l’année 2002 du BPC/SIDA traduit
bien l’indisponibilité des données des partenaires au BPC. C’est là une
situation qui ne profiterait à personne. En effet, avant la descente sur le
terrain visiter les ONGs/associations, les bailleurs de fonds et autres
partenaires d’appui potentiels s’adresseraient d’abord au BPC pour avoir une
vue globale de ce qui se fait au niveau de la province dans le domaine du SIDA
au niveau de la province. Certains visiteurs n’ayant pas suffisamment de
temps peuvent se contenter de la source documentaire pour décider de leurs
interventions.
Chaque année le BPC/SIDA
Sud-Kivu, à l’instar d’autres provinces, organise avec ses partenaires la
Campagne Mondiale SIDA (CMS) C’est une activité qui se passe habituellement en
trois étapes : la phase préparatoire (réunions préparatoires entre octobre
et novembre), la manifestation proprement dite (le 1er décembre) et
les activités post-commémoration (Janvier-février). A
Bukavu, c’est une campagne de masse de grande mobilisation populaire.
Pour l’année 2002, la
Campagne Mondiale SIDA a été marquée par deux activités principales : la
sensibilisation par la radio (flashes éducatifs à la radio) et les activités
sportives (tournoi de foot). Tout cela autour du thème : «Vivre et laisser
vivre» Ce dernier invitait les gens à
aider les séropositifs à vivre positivement avec le VIH.
Pour les flashes éducatifs,
trois radios locales s’étaient activement engagées dans la campagne : la
RTNC Bukavu, la radio MARIA et la radio OKAPI. En rapport avec le thème de
l’année, elles avaient eu à lancer des spots éducatifs sur le SIDA tous les
jours entre le 25 octobre 2002 et le 24 février 2003.
Quant au tournoi de
football organisé par le BPC/SIDA, il avait connu la participation de: MSF
Hollande, Police Star, Save The Children, 8ème CEPAC, IRC et
LIJELUSI. Les matchs avaient eu lieu au Stade de la Concorde de Kadutu entre le
15 décembre 2002 et le 23 février 2003.
La Campagne Mondiale SIDA déclenche chaque année
une dynamique nouvelle en matière de lutte contre le SIDA dans la province. Les
partenaires doivent s’organiser davantage et rendre disponibles plus de moyens
Par ailleurs, les
manifestations du 1er décembre doivent permettre aux partenaires
dans la lutte contre le SIDA de mobiliser davantage la communauté.
A cet effet, lors de la
marche (défilé du 1er décembre), les manifestants éviteront certains
débordements tels que «jeter des préservatifs aux passants» La sexualité responsable doit laisser à
chacun le choix de sa méthode, compte tenu de son comportement sexuel.
Depuis un certain temps, le
BPC Sud-Kivu reçoit du PNLS Kinshasa : des normes, des modules, des
directives et des préservatifs. Une partie de condoms est remis à l’ASF pour
vente afin de générer un peu de revenus pour le fonctionnement du Bureau.
Du point de vue
administratif, le BPC dépend de l’Inspection Provinciale de la Santé (il en est
l’un des services spécialisés) au niveau provincial ; sur le plan
national, il relève du PNLS (il en est l’une des structures permanentes de
coordination). Le PNLS comme l’IPS sont des services du Ministère de la Santé.
Rappelons que le programme
national prévoit des comités consultatifs multisectoriels et
pluridisciplinaires : le Comité National de Lutte contre le SIDA (CNLS),
le Comité Provincial de Lutte contre le SIDA (CPLS) et le Comité Local de Lutte
contre le SIDA (CLLS).
a) Au Sud-Kivu, la dernière
réunion du Comité Provincial de Lutte contre le SIDA / IST date d’octobre 2001.
Elle s’était déroulée pendant deux jours dans les installations de l’Office des
Routes à Panzi, grâce à un appui de l’UNICEF.[3]
Le but de la rencontre
était la revitalisation du Comité Provincial de Lutte contre le SIDA au
Sud-Kivu
Elle avait connu la
participation de 45 personnes représentant : les radios locales, les ONGs
locales et internationales, les agences UN, les confessions religieuses, les
services étatiques, l’ordre des médecins et des avocats, etc.
A l’issue de la rencontre,
des recommandations avaient été émises par les participants à l’endroit des
autorités politico administratives, des médias, des militaires, des leaders socio-communautaires, des jeunes, des femmes et des
partenaires locaux et extérieurs. En voici quelques unes:
-
Diffuser la politique
nationale de lutte contre les SIDA /IST (à l’endroit des autorités politico
administratives)
-
Diffuser gratuitement et
régulièrement les messages sur la prévention des IST/SIDA (médias)
-
De parler du SIDA lors des
grandes manifestations militaires et de la police (militaires)
-
D’intégrer les activités
de lutte contre le SIDA dans leurs activités habituelles (leaders
communautaires)
-
De s’impliquer dans la
lutte contre le SIDA (jeunes)
-
D’organiser des forums des
femmes sur les IST/SIDA (femmes)
-
De mobiliser les
ressources locales et extérieures.
L’année
2002 n’a pas connu de réunion du CPLS. Pour 2003, la réunion du CPLS est
programmée au mois de novembre.
b) Au niveau local, il
existe un Comité Local de Lutte contre le SIDA dans chacune des Zones de Santé
suivantes : Uvira, Bukavu, Walungu, Kabare, Kaziba, Mwenga, Shabunda,
Idjwi (par l’entremise du BDOM), Katana, Nyangezi, , Bunyakiri, Lemera..
Seules deux ZS n’ont pas
connu d’installation du CLLS, il s’agit de Nundu et de Fizi. Ces deux ZS ont
été durant 7 ans les théâtres des combats les plus destructeurs et de ce fait,
les plus affectées par les deux guerres dites de «libération» (1996-1997 et
1998-2003)
En principe, le CPLS doit
détenir des informations sur les activités des CLLS au niveau des Zones de
Santé (à travers les comptes-rendus de réunions par exemple)
Le
BPC / SIDA Sud-Kivu évoque les difficultés suivantes :
-
Les activités de lutte contre le SIDA
ne sont pas intégrées dans les soins de santé primaires dans la plupart des
Zones de Santé
-
Les supervisions des
activités sont irrégulières par manque de moyens logistiques, spécialement le
moyen de transport
-
Manque de financement pour
les ONGs locales intervenant dans la lutte contre le SIDA
-
Timide implication du
secteur privé dans la lutte contre le SIDA
-
Absence de primes comme
motivation du personnel
-
Rupture fréquente de
stocks en tests VIH, préservatifs et autres intrants
- Insuffisance d’équipement au niveau du Bureau de coordination.