I. INTRODUCTION

 

I.1. SITUATION DU VIH/SIDA AU SUD-KIVU_ 1

I.1.1. STATISTIQUES SUR LE VIH/SIDA_ 1

I.1.2. CONNAISSANCE SUR LE VIH/SIDA_ 2

I.2. CONTEXTE ET JUSTIFICATION_ 3

I.3. OBJECTIF GENERAL_ 3

I.4. OBJECTIFS SPECIFIQUES_ 4

I.5. DEROULEMENT DE LA MISSION_ 4

I.6. PREPARATION DE L’ÉTUDE_ 4

I.6.1. ELABORATION DU PLAN DE TRAVAIL INITIAL_ 4

I.6.2. OUTILS UTILISES POUR LA COLLECTE DES DONNÉES_ 4

I.6.3. LES STRATÉGIES DANS LE CADRE DE L’ÉTUDE_ 5

I.6.4. SÉANCE DE TRAVAIL AVEC LE GESTIONNAIRE DE LA GTZ Santé 5

I.6.5. PRÉSENTATION DU CONSULTANT AU MC/ BPC-SIDA_ 5

I.6.6. ENTRETIEN AVEC LE DR JP BISIMWA  (MC/BPC-SIDA) 5

 

 

La présente étude est menée pour le renforcement du partenariat et de la coordination dans le domaine de la lutte contre le SIDA au Sud-Kivu en République Démocratique du Congo. En fait, elle tentera de répondre à la question: «qui fait quoi et où» dans le domaine du SIDA dans la province du Sud-Kivu. Une réponse adéquate à cette question permettrait aux partenaires dans la lutte de se connaître et au Bureau provincial du PNLS de mieux coordonner les activités.

 

I.1. SITUATION DU VIH/SIDA AU SUD-KIVU

 

I.1.1. STATISTIQUES SUR LE VIH/SIDA

 

Selon les projections de l’Institut National de la Statistique à partir du recensement de 1984, la République Démocratique du Congo compterait 53, 870 millions d’habitants en 2001[1].

Le Sud-Kivu compterait 3 670 169 habitants ; la ville de Bukavu en compterait plus ou moins 800 000.

 

Le VIH/SIDA est l’une des plus grandes catastrophes que le continent africain en général et la RDC en particulier n’aient jamais connu. Cette pandémie menace les progrès réalisés dans la lutte pour l’amélioration de la santé, ainsi qu’au plan social, politique et économique. Le VIH /SIDA n’est pas seulement un problème médical, il est devenu un problème de développement, mieux un problème de société.

 

En RDC, la prévalence de l’infection à VIH en RDC est estimée à 5% dans la population de 15 à 45 ans (ONUSIDA 2000). D’après le PNLS (2001), une personne sur vingt était infectée par le VIH en RDC, 1.105.943 personnes étaient séropositives dont 530 386 femmes et 3 252 enfants. Le nombre des orphelins du SIDA était estimé à 811 113. La tranche d’âge entre 20 et 39 était la plus touchée. Le SIDA frappe plus la population active, catégorie qui assure la production de biens et la reproduction humaine.

 

A Bukavu, la séroprévalence dans la population générale est de 6 à 8% en 1995.[2]

A notre connaissance, cette étude est l’unique enquête de cette envergure menée à Bukavu depuis 1985 (date de la mise sur pied des premiers tests HIV). Ce qui laisserait supposer que l’ampleur actuelle exacte de l’épidémie à VIH n’est pas connue.

 

Les données des tests réalisés sur plus ou moins 938 échantillons entre avril et décembre 1997 par le Projet Prévention SIDA Sud-Kivu dans ses deux laboratoires (de Lwiro et de Bukavu), avec l’appui du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés «HCR», avait indiqué une séroprévalence de 10 à 11%.

 

Faute de statistiques récentes sur la population générale, nous nous rabattons sur des données sectorielles ou celles relatives à certains groupes sociaux (ou certaines catégories sociales). Ce qui donnerait, tant soit peu, une idée sur la situation épidémiologique de la province.

 

En 2000-2001, l’Hôpital de Panzi avait réalisé 1809 tests HIV chez les malades (dont 888 du sexe masculin et 921 du sexe féminin). 152 d’entre eux s’étaient révélés positifs, soit 8,4% (parmi eux, 74 du sexe masculin soit 4,1% et 78 du sexe féminin soit 4,3%)  De 152 cas positifs, la distribution du VIH selon l’âge se présente comme suit : 15 à 19 ans : 16 cas positifs (soit 10,532%), 20 à 34 ans : 71 cas positifs (46,71%) , 35 à 44ans : 40 cas (20,32%), 45 à 54 ans : 19 cas (12,5%) 55 à 64 ans : 5 cas (3,28%), 65 ans : 1 cas (0,66%).L’effectif le plus élevé se trouve dans la tranche de 20 à 34 (71 cas, 46,71%), suivi de la tranche d’âge de 35 à 44 ans (40 cas, 26,32%). La prévalence est nulle au-delà de 65 ans.

 

En 2002, l’Hôpital de Panzi avait réalisé 1681 tests HIV, 129 s’étaient révélés séropositifs (soit 7,67%). Parmi les 1681 échantillons, 947 provenaient des donneurs de sang, 14 d’entre eux étaient positifs, 498 provenaient des malades suspects, 102 d’entre eux étaient positifs, 236 étaient prélevés sur des femmes avec stérilité, 13 cas s’étaient révélés positifs. [3]

 

A l’Hôpital Général de Référence de Bukavu, sur 4 338 tests réalisés en 2000, 535 s’étaient révélés positifs, soit 12,2%.

 

Chez les donneurs bénévoles de sang, les tests réalisés à l’Hôpital Général de Référence de Bukavu en 2000 avaient donné les résultats suivants pour 1800 échantillons (1435 en provenance des donneurs du sexe masculin et 365 prélevés sur des donneurs du sexe féminin) : 43 cas positifs (soit 2,38%), dont 28 du sexe masculin (soit 1,55%) et 15 du sexe féminin (soit 0,80%). 

 

A Uvira, sur 1408 donneurs bénévoles testés au VIH en 2000, 224 se sont révélés positifs, soit 15,9%.

 

A Bukavu, sur 35 prostituées testées au VIH par le Projet Prévention SIDA entre septembre et décembre 2000,15 se s’étaient révélées séropositives, soit 42,8%.

 

Sur 224 tests réalisés à l’Hôpital de Kaziba en 2002, 19 se sont révélés positifs.

 

Les statistiques en épidémiologie VIH (dans un pays comme la RDC) posent trois problèmes : des statistiques difficiles à obtenir, des statistiques difficiles à interpréter, des statistiques incomplètes.

 

L’unique chose que nous devons retenir, c’est que le SIDA est une réalité dans notre milieu, qu’il faut se protéger et aider les autres à le faire. Ce qui est urgent à faire c’est de déterminer son ampleur exacte par la surveillance épidémiologique et des études de séroprévalence.

 

I.1.2. CONNAISSANCE SUR LE VIH/SIDA

 

Il ressort des données de l’enquête MICS 2 que la connaissance des moyens de prévention de la transmission du VIH/SIDA est relativement bonne pour la fidélité et l’utilisation d’objets tranchants non souillés : 80% des femmes (en RDC) savent que la fidélité à un seul partenaire sexuel non infecté et fidèle lui aussi est un des moyens les plus sûrs pour éviter le VIH/SIDA ; 75% des femmes savent que l’utilisation d’une aiguille non souillée lors d’une injection ou d’un objet non souillé est aussi un moyen pour éviter la transmission du VIH/SIDA.[4]

 

Par contre la connaissance de l’utilisation du préservatif est moins bonne. Ce moyen n’a été cité que par un peu moins de la moitié des femmes (48%).

 

Les femmes du milieu urbain connaissent mieux les moyens de prévention du VIH/SIDA par rapport à celles du milieu rural (50% en milieu urbain contre 35%).

 

Du point de vue de la connaissance de la prévention de la transmission du VIH, Kinshasa vient en tête avec 57%. Ce niveau élevé de connaissance serait favorisé par l’accessibilité à l’information et niveau d’alphabétisation dans cette province. Le Bas Congo est en deuxième position avec 54% pour les mêmes raisons que Kinshasa.

 

Les provinces Orientale et du Sud-Kivu présentent les taux les plus bas avec respectivement 27% et 29% des femmes qui connaissent les trois moyens de prévention.

En l’absence d’un traitement curatif, la connaissance des modes de prévention constitue l’une des étapes essentielles dans le processus de changement des comportements sexuels.

 

A Bukavu, ce processus visant à amener la population à un changement de comportement sexuel est entamé par des querelles entre intervenants (et leurs sympathisants) sur la promotion sélective des méthodes de prévention.

 

 

I.2. CONTEXTE ET JUSTIFICATION

 

Le partenariat est une stratégie efficace pour la mise en œuvre des activités de lutte contre le VIH/SIDA. Une bonne coordination des interventions facilite la complémentarité et la synergie et rend donc les différents efforts des partenaires plus efficaces.

 

Le Bureau Provincial de Coordination (BPC) assure le suivi, la supervision et l’évaluation des interventions des partenaires dans le domaine du VIH/SIDA. Cependant, il a été constaté que les intervenants ne disponibilisent pas suffisamment d’informations sur leurs activités au BPC.

 

Les Termes de Référence (TDR) de l’étude ont été discutés avec le Directeur du PNLS et cette étude sera organisée dans d’autres provinces également.

 

Dans le cadre du renforcement des capacités institutionnelles du BPC, la GTZ appuie cette étude qui contribuera à la promotion du partenariat au sein du Bureau Provincial de Coordination.

 

Les résultats de cette étude permettront d’identifier des besoins en appui au Bureau Provincial de Coordination (BPC) et aidera la Coopération Technique allemande (GTZ) à mieux formuler l’apport de la République Fédérale d’Allemagne (RFA).

 

 

I.3. OBJECTIF GENERAL

 

-          Améliorer le partenariat et la coordination dans le domaine de lutte contre les IST/VIH/SIDA

 

I.4. OBJECTIFS SPECIFIQUES                                                                           

 

-          Mettre à jour une banque de données pour les appuis des partenaires dans le domaine de la  lutte contre les IST/VIH/SIDA

-          Elaborer une cartographie des interventions et des intervenants dans ce domaine

-          Identifier les lacunes, zones et domaines non appuyés dans la province

-          Proposer des mécanismes pour le renforcement du partenariat et la coordination

 

                                                                                                      

I.5. DEROULEMENT DE LA MISSION

 

La durée initiale de la mission a été estimée à 8 semaines dont une semaine pour la rédaction des rapports.

 

I.6. PREPARATION DE L’ÉTUDE 

     

            A ce stade, nous avons eu à échanger, à maintes reprises, sur la problématique de l’étude avec les Gestionnaires de la GTZ Santé au Sud-Kivu. C’est au début du mois de juillet 2003 qu’a commencé la préparation de la collecte de données. Notre première tâche a consisté à consulter les documents relatifs à notre mission et à harmoniser les méthodes de travail avec la Coordination Provinciale de Lutte contre le SIDA. En effet, ce travail constitue une forme d’appui institutionnel au BPC/SIDA. L’apport direct de l’IPS/BPC à ce travail a été son implication dans l’adaptation de la démarche méthodologique et la mise à notre disposition du Chargé d’IEC au BPC, Mr Egide BASHOMBANA.

Les travaux préliminaires ont débouché dans l’élaboration de deux outils : le plan de travail et le canevas de collecte des données sur le terrain.

 

 

I.6.1. ELABORATION DU PLAN DE TRAVAIL INITIAL

 

D’après nos estimations initiales, la première étape de l’étude (celle de Bukavu) devrait s’étendre sur la période allant du 1er juillet au 16 août 2003. Mais le premier retard, par rapport au programme initial, sera pris dans la démarche visant l’harmonisation de la méthodologie de travail avec l’IPS / BPC (voir plan de travail en annexe).

 

 

I.6.2. OUTILS UTILISES POUR LA COLLECTE DES DONNÉES

 

Pour la collecte des données, nous avons eu à utiliser deux outils :

           

-          la grille élaborée par le PNLS dont la version retravaillée ne nous a été envoyée de Kinshasa que vers la fin de notre mission  (voir grille en annexe);

-          le canevas élaboré localement pour la collecte des données plus détaillée (voir canevas en annexe)

 

Le canevas a été l’outil principal de collecte des données sur le terrain. Il renferme essentiellement des questions ouvertes. En pratique, les questions prévues dans le canevas sont à intégrer dans un plan d’entretien semi structuré, conduit sous forme de conversation.

 

Le canevas prévoit des questions d’identification de chaque intervenant contacté. Il s’inspire de la grille de Kinshasa Cette dernière couvre treize domaines d’intervention, en rapport avec les orientations stratégiques de la politique nationale de lutte contre le SIDA et les IST: la Mobilisation sociale, la Prévention et la PEC des IST, la Surveillance Epidémiologique, les Plantes médicinales et la Promotion de la médecine Traditionnelle, la PEC psychosociale, la PTME, la PEC des IO, la Sécurité transfusionnelle, le Conseil Dépistage Volontaire, la PEC par les ARV, le Laboratoire et la Logistique. Des données sur la prise en charge économique (AGR) ont été aussi récoltées.

 

Les partenaires ne disposant pas de suffisamment de temps recevaient le questionnaire écrit, après l’échange préliminaire relatif au contexte, aux objectifs et à la méthodologie.

 

La discussion s’articulait autour de l’histoire opérationnelle de l’intervenant, ses sources de financement, son (ses) cible (s) son (ses) domaine (s) d’intervention, ses réalisations, ses partenaires, ses difficultés, etc.

 

Avant la descente sur le terrain, un réaménagement du canevas est intervenu suite aux observations du Dr Diana, transmises en date du 10/7 par Mr Lavuun VERSTRAETE Gestionnaire de GTZ Santé au Sud-Kivu. Elles sont relatives à l’identification des partenaires de chaque intervenant, à la complémentarité/synergie entre activités et à l’enrichissement des domaines PTME et CDV.

 

I.6.3. LES STRATÉGIES DANS LE CADRE DE L’ÉTUDE

 

Les stratégies développées dans le cadre de l’étude sont : la documentation, l’interview libre, le questionnement, les séances de travail et les discussions en groupe.

 

La documentation : comme indiqué, avant de descendre sur le terrain nous avons eu à consulter certains fichiers et documents relatifs à notre étude, mis à notre disposition par les Gestionnaires de la GTZ Santé. En plus, nous avons eu à analyser certains documents du BPC et de la PLALUSI sur l’identification des partenaires ou membres, selon le cas.

L’interview libre : tous nos interlocuteurs avaient été soumis à une interview non structurée sous forme de conversation.

Le questionnement : nous nous interrogions sur certains faits rapportés ou observés

Les discussions en groupe : elles ont été essentiellement menées avec les membres des bureaux de plates-formes et autres collectifs contactés.

 

I.6.4. SÉANCE DE TRAVAIL AVEC LE GESTIONNAIRE DE LA GTZ Santé

           

Au cours de la rencontre, les outils de travail sont passés en revue ; le programme de présentation du Consultant aux autorités sanitaires provinciales est arrêté.

 

I.6.5. PRÉSENTATION DU CONSULTANT AU MC/ BPC-SIDA

 

L’équipe de la GTZ Santé (Lavuun et Laurent) est accueillie par le MC/BPC-SIDA dans son bureau. Après un bref échange, le  MC/BPC-SIDA demande au Consultant de repasser pour une présentation au Médecin Inspecteur Provincial.

 

I.6.6. ENTRETIEN AVEC LE DR JP BISIMWA  (MC/BPC-SIDA)

 

Au cours de l’entretien, une copie des termes de référence de l’étude lui est remise.

Le Médecin Coordonnateur du BPC est déjà informé du projet d’organisation de l’étude sur la cartographie des interventions et des intervenants, probablement à partir de l’entretien qu’il avait eu avec une délégation de la GTZ Kinshasa. Le Dr Bisimwa accueille favorablement cette forme d’appui institutionnel. Par ailleurs, il évoque les difficultés rencontrées par son Bureau dans la Coordination des activités SIDA : manque de fournitures de bureaux, transport, reproduction des documents, etc. Il souhaite que la GTZ Santé s’implique dans leur résolution.

 



(1) République Démocratique du Congo, Enquête Nationale sur la situation des Enfants et des Femmes MICS2, Rapport d’analyse.

(2) Enquête de Séroprévalence réalisée à Bukavu dans la population générale par le Projet Prévention SIDA CEMUBAC (août 1995)

(3) Hôpital Général de Panzi, Rapport 2002.

(4) Enquête sur la situation des enfants et des femmes MICS 2, op. cit.,p.151